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Il est des oeuvres emblématiques d'un genre littéraire. C'est le cas du premier roman de Jane Austen écrit fin 18e ou de celui de Salinger, publié à la fin des années 1940, devenus des classiques au-delà du monde anglo-saxon. Mais d'autres titres disponibles au CDI, sans avoir la stature de ces monuments, ont également passionné leurs lecteurs - et c'est l'objet de cette présentation.
Les images que vous allez voir ont été pour l'essentiel tirées des films que ces romans et nouvelles ont inspirés.



Avec la mécanisation de l'industrie textile, la Grande-Bretagne est à partir de la seconde moitié du 18e siècle le théâtre de la Révolution industrielle. Mais l'enrichissement de quelques-uns paupérise des pans entiers de la société. Ceux qui sont incapables d'assurer leur subsistance en trouvant à s'employer dans les fabriques ou les mines sont enfermés dans des workhouses, hospices paroissiaux où la charité est conditionnée au travail forcé.
Un orphelin, Oliver Twist, est choisi par tirage au sort par ses camarades affamés pour demander une portion supplémentaire. Sa fuite le conduit dans le Londres des pickpockets et des bandits. Une dénonciation de la brutalité des relations sociales à l'époque victorienne.



Une enfance marquée par l'injustice, la possibilité de s'émanciper comme préceptrice puis l'espoir de se marier, avant que le sort ne s'acharne à nouveau : Jane Eyre, un personnage féminin volontaire et constant, à l'opposé des clichés misogynes de l'époque, qui sans cesse relève la tête et cherche à faire ce qui est juste et digne, tout en restant passionnée.
Un roman gothique incontournable qui a inspiré de multiples adaptations littéraires et cinématographiques.



Un roman d'apprentissage et un roman d'aventure, d'emblée succès international, situé sur cette frontière mythique que représente encore, quelques années avant la Guerre Civile 1861-65, l'axe fluvial Nord-Sud Mississippi-Missouri : les pérégrinations de deux réprouvés par excellence que sont un jeune vagabond et un esclave en fuite.
Du fait de leur position d'observateurs marginaux, le regard ingénu de ces deux hors-la-loi inoffensifs scrute aussi bien les honnêtes gens conformistes que les vrais malfaisants. L'occasion pour Mark Twain, sous couvert d'un roman pour enfants, d'offrir aux lecteurs un plaidoyer humaniste audacieux.



Ce récit personnel empreint de nostalgie donne une bonne idée de comment, après coup, on s'est représenté la période qui a immédiatement précédé la Première Guerre mondiale : un temps d'innocence - on parlera de Belle Epoque de ce côté-ci de la Manche. Des vies non exemptes de tragédies personnelles, loin de là, mais une ambiance qui vire à l'été 1914 vers la tragédie collective et les engagements sans retour.
Roman initiatique situé dans un cadre idyllique, enfance et Merrie England réunis dans une sorte de paradis perdu - repère introuvable autour duquel un certain imaginaire britannique ne cesse de pivoter.



Un roman autobiographique écrit par l'un des premiers écrivains noirs américains. Richard Wright raconte ici son parcours, celui d'un enfant né au début du 20e siècle dans le Sud. Malgré l'abolition de l'esclavage en 1865, les anciennes conditions de sujétion, d'enfermement, de mort violente perdurent. Après la Première Guerre mondiale, l'industrialisation au Nord va faire migrer des millions d'Afro-Américains vers la région des Grands Lacs notamment. La ségrégation raciale était non seulement généralisée, mais en plus le Ku-Klux-Klan comptait alors plusieurs millions de membres, prêts à maintenir les Noirs "à leur place" par la terreur. Dans ce contexte, lire, déjà, puis oser écrire, c'est imposer son humanité. Un récit majeur.



De l'avant-Deuxième Guerre mondiale à nos jours, des destins s'entrecroisent, et la petite histoire se retrouve percutée par la grande. Ou comment l'indiscrétion d'une adolescente imaginative peut s'avérer lourde de conséquences, avec en surplomb ce problème moral : peut-on jamais expier, se racheter en essayant de réparer les torts infligés ?
An instant classic.



Dans la Grande-Bretagne de la reconstruction, où viande, beurre et margarine sont rationnés jusqu'en 1954, les milieux populaires souffrent de carences alimentaires, du froid, de l'humidité. Lorsque le travail à l'usine est le seul horizon, les échappatoires sont limités et illusoires.
Dans cette nouvelle, modeste comme son héros, il est question de relations familiales, de relations de classe, de construction de l'identité masculine, de dignité : ne pas plier face à la force, ne rien concéder à l'hypocrisie, ne se soumettre jamais ; prouver qu'on vaut mieux que le statut social qui vous échoit. Une manière, même quand on s'est mis en tort, de clamer son attachement à des valeurs plus élevées, et d'en contester le monopole par les gens bien nés.



Dans cette région berceau de la Révolution industrielle, balafrée par les puits de mine, les rapports de domination sont omniprésents : dans la famille, à l'école, dans le monde du travail, il n'y a que des rapports du faible au fort. Les moments que cet adolescent peut passer avec le faucon crécerelle qu'il a dressé représentent pour lui le seul espace de liberté.
Un roman, et un film, qui ont durablement marqué les esprits en Grande-Bretagne, au point qu'ils font aujourd'hui encore la fierté de l'agglomération où l'histoire se déroule.



C'est l'histoire d'une sauvageonne qui parvient à se débrouiller seule dans le marais qui borde la côte atlantique, en lisière de la civilisation. Mais entre la menace physique que font planer certains hommes et la passivité ou la désertion de la majorité, on passe vite du rôle de marginale dérangeante à celui de bouc émissaire.
Un roman à la fois ancré dans le contexte de l'Amérique des années 60 et en même temps très actuel.



A l'époque, les citoyens britanniques d'Irlande du Nord ne disposent pas des mêmes droits selon qu'ils sont catholiques et d'ascendance irlandaise ou bien protestants et d'ascendance anglaise ou écossaise. Ce qui démarre en 1967 comme un mouvement pacifique pour les droits civiques se mue rapidement en affrontement sectaire entre les deux communautés, l'une se sentant forte du soutien de fait du gouvernement de Sa Majesté. Mais dans les deux camps, de manière symétrique, et ce pendant une trentaine d'années, ce sont des hommes armés incontrôlés qui vont exercer leur loi sur leur propre communauté. Ce roman décrit de manière très réaliste l'oppression que fait peser sur les jeunes femmes une emprise paramilitaire masculiniste.



Simples vestiges aujourd'hui, deux siècles d'industrie charbonnière ont pris fin au milieu des années 80, occasionnant une grève des mineurs de près d'un an. Des centaines de milliers de personnes ont perdu leur emploi. L'enjeu n'était pas qu'économique, car la préservation de la culture de solidarité qui soudait ces communautés était aussi dans la balance. De ce point de vue, ce tournant a été vécu comme une défaite. Mais il est aussi concomitant de l'émergence de nouvelles problématiques sociétales, plus individuelles sans doute, où les questionnements identitaires - ce qu'est un homme, une femme, un travailleur, etc - sont désormais abordés moins de manière essentialiste que comme des constructions sociales qui n'ont rien de figé.



Avec pour modèle des parents oscillant entre excentricité et conformisme, il n'est pas facile de trouver par soi-même comment s'orienter. Une histoire de lycéens un peu décalés, dont le regard faussement naïf sur le monde s'avère plus profond qu'il n'y paraît.
Une voix off sur le mode comique, so British.



Le 11 septembre 2001 se traduit pour ce jeune New-Yorkais par la disparition de son père. S'ensuit alors une enquête qui est aussi une suite de rencontres. En lui permettant de croiser toutes sortes d'adultes eux-aussi traumatisés mais bienveillants, c'est en sous-main une mère attentive qui permet à l'enfant de se fabriquer la figure du père idéal qui lui manque.



Dans l'Amérique rurale des petits-blancs laissés pour compte, une histoire de famille hantée par les contentieux et les non-dits, sur fond d'addictions et de trafics. Une plongée dans ces communautés en perdition qui ont paradoxalement servi de marchepied à ceux qui dominent actuellement la scène politique américaine.
Le dévouement silencieux et la ténacité de ces petites gens, qualités dont sait amplement faire preuve la jeune héroïne du roman, invitent à leur souhaiter un meilleur sort que le désespoir autodestructeur ou les mirages des fausses promesses.



Un contrôle de police qui tourne mal et c'est le sentiment d'injustice latent qui explose au grand jour. Inspiré par les multiples meurtres (de l'ordre de 1000 par an) commis par des policiers américains à l'égard de civils désarmés et le plus souvent noirs, ce roman revendique sans peine son caractère documentaire. Un sujet que l'actualité ne finit pas d'illustrer encore et encore.



Une liaison éphémère et clandestine entre lycéens de l'ouest de l'Irlande peut-elle, une fois engagés dans la vie étudiante à Dublin, renaître et être assumée au grand jour ? Les deux protagonistes vont suivre leurs propres aspirations chacun de leur côté, errer puis se recroiser, se perdre pour se retrouver.
Des millions de lecteurs et davantage encore de spectateurs de la série les ont suivis dans leur quête d'affection et de maturité. Il ne manque plus que vous !



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